09/01/2009 - 16:51
1969-2009 années érotiques/Soirée Gainsbourg – Par tous les boutsLe cinéma, « ça réunit toutes les disciplines : la peinture - le cadre, les lumières -, l’archi, la musique et la langue française », constatait Serge Gainsbourg. Soit tout ce qu’il aimait. Logique donc qu’il s’y soit essayé. À tous les postes.
D’abord comme acteur, employé pour sa gueule, alors qu’il a besoin de boucler ses fins de mois, puis sa personnalité. Ensuite, comme musicien. Des boulots qui peuvent être parfois alimentaires, mais pas que. Entre deux clins d’il à ses chers compositeurs classiques, il fait ses gammes, mine de rien. Teste de nouvelles couleurs sonores avant de les adopter pour ses propres chansons (les percussions africaines de l’Eau à la bouche, dès 1960). Et n’hésite pas à recycler ses meilleures trouvailles. La mélodie qui deviendra celle de Je t’aime moi, non plus, son premier grand succès de provocation (international, avec ça, semant le scandale jusqu’au Vatican), provient de la partition des Curs verts...
Mais ce qui le titille vraiment, c’est la mise en scène. Il s’y essaiera à quatre reprises, de Je t’aime, moi non plus à Stan The Flasher, en passant par Equateur et Charlotte Forever. Des films ambitieux, nourris par ses obsessions, et qui divisent critique et public.
C’est tout naturellement sur lui que s’est porté le choix pour la première soirée mensuelle célébrant l’union du sexe et de la liberté sur Paris Première, sous l’égide de Mademoiselle Agnès. Au programme, le fameux Je t’aime, moi non plus, où il filme les amours de Jane Birkin et d’un camionneur gay, mais aussi Je vous aime, de son ami Claude Berri, où il tient quasiment son propre rôle, face à Catherine Deneuve.
Sûr que ça l’amuserait de penser que bientôt, ce sera un autre qui l’incarnera dans Serge Gainsbourg (vie héroïque), le film que lui consacre le dessinateur Joann Sfar !