Article.
Envoyer à un ami
Un Monde sans pitié - Désenchantés, années 90


Ce fut le film culte du début des années 90, toute une génération s'identifiant aux personnages. Un film à petit budget sorti discrètement en 1989 avec les moyens du bord dont le succès croissant (1 million d'entrées) a été uniquement le fruit du bouche à oreille. Premier long-métrage d'Eric Rochant, le casting paraît aujourd'hui bien classique alors qu'à l'époque tous ces acteurs étaient parfaitement inconnus du grand public : Hippolyte Girardot, Yvan Attal, Mireille Perrier, ancienne ouvreuse de cinéma.

Un glandeur faux étudiant tombe amoureux d'une étoile, une normalienne aussi bûcheuse qu'il est oisif. Une histoire d'amour vouée à l'échec dès le départ démontrant sur un ton léger et subtilement désabusé que la force des sentiments ne surmonte pas tous les obstacles. Hippo, parasite aussi insupportable que séducteur, vit des petits trafics de shit de son frère Xavier avec qui il partage un appartement, incompris de ses parents, traînant son désenchantement dans Paris entre deux parties de poker avec des potes.

Hippo est le prototype de l'inadapté social charismatique, un peu bad boy, préoccupé de combines pour en faire le moins possible ; fuyant sa petite amie qu'il maltraite par défaut en refusant de lui répondre au téléphone ou en la faisant venir, puis en s'échappant par la fenêtre. Le décalage des centres d'intérêt entre Hippo et Nathalie, interprète à l'ONU, est le moteur du film. Il ne s'intéresse à rien sauf à une image floue de l'idéal féminin, elle donne la priorité à ses ambitions professionnelles, intellectualise sa relation amoureuse comme tout le reste. Un trentenaire immature et une future executive woman. La relation amoureuse au coeur du récit marche sur cette discordante idée de l'amour/réalité, ou plutôt, y échoue. Hippo fait rêver Nathalie dans la scène culte où il claque des doigts pour que la Tour Eiffel s'allume à minuit depuis la fenêtre de l'appartement de la jeune femme. Mais cette dernière n'a pas l'intention de stopper ses projets pour vivre d'amour et d'eau fraîche quand Hippo, éternel ado, a toute la place vacante dans son absence de vie.

Hippolyte Girardot est irrésistible dans ce film qui l'a rendu célèbre du jour au lendemain, on a du mal à imaginer aujourd'hui combien il était sexy. Après "Un Monde sans pitié", Eric Rochant réengagera Yvan Attal, devenu son acteur fétiche, dans son film suivant "Aux Yeux du monde", puis "Les Patriotes" (excellent film d'espionnage) : mais le ton a changé, ce sont des films beaucoup plus ambitieux qui n'auront pas le même succès. Un "Monde sans pitié" obtient le prix Louis Delluc et deux Césars (meilleure première œuvre et meilleur espoir masculin pour Yvan Attal). Etrangement, Hippolyte Girardot comme Eric Rochant, malgré ces débuts en fanfare, ont connu par la suite chacun des carrières chaotiques, le monde est sans pitié.

Difffusion sur Cinécinéma Star (104 dimanche 25 juillet 20H40

 

 

 


OK
posté il y a 45J   lu 61 fois
Nous vous rappelons que vos propos doivent rester courtois, sans agressivité, insultes, propos diffamatoires ou racistes, etc...
Notre équipe de modération veille au respect de votre liberté d’expression sous réserve que vous respectiez les règles de notre charte des utilisateurs. Pour toute question sur la modération cliquez ici