





Dans un pays qui a vénéré (et détesté) pendant des années David Beckham et son unique pied droit, Steven Gerrard fait figure d'extraterrestre. Car en dehors de sa récente bagarre, rarement le gamin de la Mersey aura fait la une des tabloïds anglais. Quant à ce qui se passe sur le terrain, Gerrard est à des années-lumière du joueur au style stéréotypé que peut être Beckham.
Il a tout pour lui le cochon ! À l'aise des deux pieds, volume de jeu extraordinaire, placement admirable, sens du jeu bluffant et bien sûr une frappe de mammouth redoutée de tous (demandez aux Marseillais), les superlatifs manquent pour parler d'un joueur qui aurait mérité le Ballon d'or ces dernières années.
D'autant que Gerrard n'est pas un joueur qui ne brille que contre des adversaires de seconde zone (parlez-en à Quaresma), cet homme est toujours présent lors des gros rendez-vous, la marque des grands. Qui ne se souvient pas de la remontée spectaculaire des Reds face au grand Milan ? Dans cette affaire, si Gerrard ne marquait pas le premier but de la tête, Maldini et consorts auraient une nouvelle fois ramené le trophée à Milan.
Et dans une autre finale, moins médiatique, celle de la FA Cup, « Stevie G » a une nouvelle fois marqué les esprits dans les dernières minutes où, pourtant criblé de crampes, il expédiait une reprise de 30 mètres dans le petit filet adverse, un but égalisateur qui allait dessiner une nouvelle victoire pour les hommes de Ben%u03AFtez. La classe !
Dans un foot-business où l'amour du maillot disparaît peu à peu, Gerrard fait figure d'exception et d'exemple. L'international anglais, même dans les années plus difficiles, est toujours resté fidèle à son club de cur, malgré les appels du pied des plus grands clubs mondiaux. Un choix qui paie aujourd'hui. Liverpool fait partie des favoris pour la victoire finale, une juste récompense pour les Reds, qui tenteront de passer l'obstacle Real Madrid, ce qui est loin d'être joué.
